|
|||||||||||||||||||||||||||||||||
Histoire de la TunisieDe nombreuses traces d´industrie humaine datant du paléolithique inférieur témoignent de l´ancienneté du peuplement. Des Phéniciens à l´indépendance, en 1956, l´histoire de la Tunisie est marquée par une étonnante suite d´invasions et d´influences diverses : phénicienne, romaine et arabo-musulmane. Premier pays du Maghreb à avoir été arabisé, la Tunisie, apparaît aujourd´hui comme un pôle de stabilité dans la région.La Tunisie Antique L'avènement du pouvoir musulman en Ifriqiya Les Gouverneurs Arabes Les Emirs Aghlabides Les Califes Fatimides Les Emirs Zirides Les Almohades et les Hafsides Les Ottomans et la Période Turque Le Protectorat Français La Tunisie aujourd'hui La Tunisie Antique (1100 av. J.-C. à 647 ap. J.-C.) Terre numide, la Tunisie a été colonisée par les Phéniciens qui développèrent un empire commercial et fondèrent les bases navales d'Outih (Utique en -1100), Hadrametum (Sousse), Hippo Diarrhytus (Bizerte), Thines (Tunis) et de Qart Hadasht (Carthage en -804) qui se rend autonome de Tyr et contrôle un empire en Méditerranée occidentale. Après une longue lutte contre les Grecs d'occident (-480 à -275), elle affronte Rome au cours des 3 guerres dites "puniques" (-264 à -241, -218 à -201 et -149 à -146). La troisième guerre punique se termina par la destruction de Carthage et la disparition d'une organisation politique, économique et sociale jugée exemplaire par les contemporains. Transformée en Provincia Africa, son territoire s'étend aux dépens du royaume numide pourtant défendus avec acharnement par les rois Massinissa puis Jugurtha (-118 à -105). De culture punique, la Tunisie devient latine et bientôt chrétienne (Tertullien, St. Cyprien, St. Augustin). Fortement urbanisée et mise en valeur, elle compte parmi les provinces les plus prospères de l'empire romain jusqu'au IVème siècle ap. J.-C. Une crise sociale et religieuse (le Donatisme), affaiblit l'Afrique romaine et explique son occupation par les Vandales (439) qui y établirent un régime militaire particulièrement oppressif. La reconquête Byzantine (534 à 647) ne parvint pas à rétablir la paix et la sécurité dont le pays avait besoin (mutineries, ambitions des gouverneurs, crises religieuses, insurrections berbères...). L'avènement du pouvoir musulman en Ifriqiya (647 à 705) L'affaiblissement des Byzantins ouvrit la voie à la conquête arabe. Partie d'Egypte (646) sur l'ordre du calife Othman, l'armée arabe effectue 2 expéditions : la 1ère aboutit à la déroute des impériaux (mort du patrice Grégoire) dans la région de Sbeitla en 647, la 2ème a lieu en 666 en Byzacène (Sahel). En 670, Oqba Ibn Nafa fonde Kairouan, première capitale arabe et qui constitue une position stratégique face au monde berbère. Abou Muhajir Dinar qui avait pris la succession de Oqba en 674 lance une première expédition dans les Aurès (Algérie), puis se tourne contre Carthage et obtient la cession du Cap Bon en 675. Les Berbères qui s'étaient convertis en masse à l'islam et dont beaucoup s'étaient enrolés dans l'armée arabe furent toutefois considérés comme des citoyens de seconde classe, ce qui les poussa à adhèrer à une secte musulmane dissidente, le Kharijisme. Le calife omeyyade Abd El Malik envoie une armée commandée par Hassan Ibn Nooman qui s'empare de Carthage en 695. Celui-ci se heurte ensuite à une coalition berbère dirigée par la Kahena, veuve du "roi" de Gerawa, qui défait l'armée arabe à Tebessa (Algérie) en 696. Carthage est reprise par les Byzantins en 697 et la Kahena rallie la Byzacène pour tenter d'empêcher tout retour des armées arabes. Celles-ci parviennent toutefois à enlever définitivement Carthage vers 700. Après l'élimination des Byzantins, la résistance berbère se poursuit jusqu'en 701, date de la défaite de la Kahena et de sa mort. Moussa Ibn Noussair succède en 704 à Hassan et pacifie l'Ifriqiya désormais terre Omeyyade. Les Gouverneurs Arabes (705 à 800) Au VIIIème siècle, l'ensemble Maghreb/Andalousie devient une province de l'empire omeyyade avec Kairouan comme capitale. Moussa Ibn Nusayr, premier "wali" qui ne relève plus de l'Egypte comme se fut le cas jusqu'à présent, mais directement du calife, se vit confier la délicate mission d'achever la conquête de l'Andalousie commencée par le chef berbère Tarak Ibn Ziyad. Ses successeurs durent affronter les insurrections berbères qui enflammaient le Maghreb et ne furent réprimées provisoirement qu'en 743. Parallèlement, des querelles internes dues à la rebellion de l'arrière petit-fils de Oqba Ibn Nafa, Abderahmen Ibn Habib (746 - 759), marquèrent la fin de la puissance omeyyade (751) et annoncèrent l'autonomie de l'Ifriqiya. Celle-ci sombra néanmoins dans l'anarchie causée par des querelles de succession et des révoltes kharijites. La reprise en main par les Abbassides de Bagdad, successeurs des Omeyyades de Damas s'apparente alors à une véritable reconquête. En 767, Ibn Al Ashat parvint à écarter le danger kharijite, mais la rebellion de ses troupes l'obligea à retourner en Orient. Venue d'Egypte, une seconde armée conduite par Yazid Ibn hatim (771 - 786) rencontra les mêmes difficultés. Les dernières années du VIIIème siècle sont marquées par une succession de révoltes et de coups d'état militaires. Les Emirs Aghlabides (800 à 909) Jouissant d'un grand prestige militaire et moral en Ifriqiya, Ibrahim Ibn Al Aghlab devint l'agent du calife abbasside Haroun Al Rachid contre le Chiite Idriss I qui avait pris le pouvoir au Maroc. Il est nommé gouverneur du maghreb central (797) avant d'obtenir du calife en 800, la concession d'un émirat héréditaire, l'Emirat Aghlabide, comprenant les territoires de la Tunisie actuelle, l'Algérie orientale et la Tripolitaine. Ibrahim et son successeur immédiat Ziyadat Allah I (817 - 838) arrivèrent à mettre au pas l'aristocratie militaire (le jund) et assurèrent à l'Ifriqiya une certaine stabilité. Kairouan devint une véritable métropole digne des grandes cités de l'époque. Sa grande mosquée fut embellie à plusieurs reprise de même que celle de Tunis et d'illustres savants y enseignèrent le fiqh, le hadith, la langue arabe. Les Aghlabides portaient un grand intérêt à l'éducation du peuple, l'expansion de la langue arabe et au rayonnement de l'Islam dans un pays où les Berbères constituaient la grande majorité de la population. Avec Abou Ibrahim (856 - 863), Mohamed II (864 - 875) et Ibrahim II (875 - 902), la dynastie atteint son apogée (fondation de Raqqada, nouvelle capitale). En 909, celle-ci tomba sous les coups des forces chiites soutenues par les berbères Kotama. Le siècle aghlabide est marqué à l'extérieur par la conquête de la Sicile (827) dont ils ramenèrent le principe des monnaies métaliques d'Espagne et à l'intérieur par une réelle prospérité renouant avec la meilleure période antique. Les Califes Fatimides (909 à 973) L'objectif des chiites était de reconquérir le Califat spolié par les Abbassides de Bagdad et les Ommeyyades de Cordoue. Leur point de départ, la Tunisie, n'est qu'une étape d'un long parcours qui les conduisit en Egypte et en Syrie (969 - 1171). En 890, un prétendu descendant de Ali et de Fatima, Mohamed El Habib, confia à des missionnaires envoyés à travers le monde musulman, la tâche de rallier des fidèles à la cause de son fils "le Mahdi" Obeid Allah (le sauveur dans la doctrine chiite). En 893, et en Petite Kabylie, Abou Abdallah (l'un des missionnaires) retrouva les berbères Kotama rencontrés auparavant à la Mecque. Ceux-ci, opposants notoires au régime ahglabide, allaient adopter la foi chiite et créer le noyau d'un Etat alide. En 909, et pour le compte d'Obeid Allah, les Kotama parvinrent à s'emparer de toute l'Ifriqiya après avoir repoussé les expéditions aghlabides de reconquête. A la suite de leur victoire, les Kotama allèrent libérer le mahdi Obeid Allah emprisonné au Maroc. En 910, dans un contexte de révoltes et de conspirations, Obeid Allah fut proclamé calife, commandeur des croyants à Raqqada. Après une période de consolidation en Ifriqiya, le pouvoir fatimide lança 2 expéditions vers l'Egypte en 914 et 920, créa et déclara Mahdia nouvelle capitale en 921 et reprit pied au Maghreb central en 935. Mais déjà sous Al Qaim (934 - 946), la pression fiscale et les conversions forcées au chiisme finirent par déclencher une insurrection Kharijite dirigée par le dénommé Abou Yazid. Parti du Djérid, celui-ci rallia les Aurès pour s'emparer de Kairouan et venir assiéger Mahdia (944) sauvée in extremis par Ziri Ibn Manad dirigeant des berbères Sanhaja. Reprenant l'initiative, le 3ème calife Ismail Al Mansour (946 - 953) récupèra Kairouan, érigea à proximité une nouvelle capitale, Sabra Mansouriya, et pourchassa Abou Yazid jusqu'au Maghreb central (947). Le dernier fatimide El Moezz (953 - 975) confia à Jawhar, son meilleur général, le commandement des contingents berbères Sanhaja qui achèvent la conquête du Maghreb en 958 et celle de l'Egypte (fondation du Caire en 969) où il partit s'installer avec ses proches, sa cour et toutes ses richesses, ne laissant sur place que l'un de ses fidèles d'origine berbère, Bouloukine Ibn Ziri, qu'il chargea des affaires de la province. Les Emirs Zirides (972 à 1148) En 972, lorsque Bologuin Ibn Ziri se vu confier le Maghreb, il ne reçut en fait que des pouvoirs réduits : le trésor, la flotte et les provinces stratégiques (Libye, Sicile, Petite Kabylie) lui échappèrent. En définitive, il ne lui resta d'autres choix que l'expansion à l'ouest et les profits de la guerre contre les vassaux des Omeyyades de Cordoue. Le règne de ses premiers successeurs fut marqué par une soumission au Caire (Al Mansour, 984 - 996). Sous Badis (996 - 1015) le conflit avec les Ziri d'Ashir entraîna la perte du Maghreb central (Emirat des Beni Hammad). La rupture définitive avec Le Caire, motivée par des raisons financières (dévaluation), intervint en 1045 avec l'émir Ziride Al Moezz (1015 - 1062) qui fit allégeance au régime sunnite de Bagdad, rejetant ainsi les croyances hétérodoxes chiites des Fatimides. Le pouvoir fatimide réagit brutalement en livrant l'Ifriqiya aux nomades arabes Banou Hilal et Banou Solaïm de Haute-Egypte qui ravagèrent le pays. D'un même coup, le calife se débarassa en Orient de ses opposants bédouins et réprima au Maghreb la félonie Ziride. Malgré des troupes plus nombreuses, le ziride Al Moezz fut battu à Haydaran (1052). Kairouan tomba après 1 an de siège et l'anarchie s'instaura aggravée par les attaques normandes contre les villes côtières. Dans l'une d'entre elles, Tunis, apparut un émirat Khorassanide tandis que diverses principautés locales tinrent jusqu'à la conquête almohade et la prise de Mahdia (1160). Les Almohades et les Hafsides (1207 à 1574) Comme celle des Almoravides qui l'a précédée, la dynastie Almohade est berbère d'origine marocaine. Dans un premier temps, les Almohades parvinrent à unifier l'ensemble du Maghreb, l'Ifriqiya comprise. Un gouverneur, Abou Hafs, fut installé à Tunis désormais Capitale de la Province. Le petit-fils de celui-ci, Abou Zakariya (1228 - 1249), profita des difficultés de l'empire pour se déclarer indépendant vis à vis de Marrakech et pour incarner à lui seul l'héritage Almohade. Il frappa monnaie à son insigne, fit la prière en son nom et se donna le titre d'Al-Amir al-Ajall (l'Emir distingué). L'Ifriqiya retrouva alors ses dimensions géopolitiques de l'époque aghlabide et Tunis devint la capitale des souverains hafsides. Sous le règne de son fils et successeur, Al Mustansir (1249 - 1277), qui alla encore plus loin en s'attitrant de Prince des Croyants et en se faisant reconnaître en tant que tel par les royaumes voisins, le royaume hafside résista à la croisade de Saint Louis, roi de france, emporté par la peste à Tunis et enseveli à Carthage en 1270. De 1277 à 1370, la dynastie est minée par des querelles de succession, des révoltes tribales, des famines, des épidémies mortelles dont la Peste Noire de 1348 fut la plus ravageuse (véritable fléau qui décima une grande partie de la population) ainsi que par les attaques des Aragonais et celles des Mérinides, successeurs au Maroc des Almohades. Sous Aboul Abbas (1370 - 1394), Abou Faris (1394 - 1434) et Othman (1435 - 1488), la sécurité intérieure est restaurée mais le royaume souffre des attaques navales répétées des puissances européennes. Sous les derniers Hafsides, la lutte en Méditerranée entre Turcs et Espagnols atteint son paroxisme quand Charles Quint décida de conquérir Tunis en 1535. Elle ne fut délivrée que quarante ans plus tard par le Général Turc Sinan pacha (1574) qui transforma la Tunisie en province ottomane. Les Ottomans et la Période Turque (1574 à 1881) En 1574, il ne restait de la Tunisie espagnole qu'une série d'impressionnantes citadelles le long de la côte. Les Turcs imposèrent leur contrôle directement depuis Constantinople. En 1587, comme la Libye et l'Algérie, la Tunisie était une province ottomane gouvernée par un pacha. En 1590, des officiers subalternes (deys) se mutinèrent et l'un d'eux, aidé par le bey, accéda au pouvoir grâce à l'extorsion de taxes. Peu à peu, le pouvoir fut repris par les beys, sous-officiers de l'armée turque. En 1702 fut fondée, par Hussein Ben Ali Tourki, la dynastie husséïnite qui gouverna sans interruption jusqu'en 1957, date à laquelle le premier parlement indépendant tunisien vota l'abolition de la monarchie. Le Protectorat Français (1881 à 1957) En 1830, les Français, s'installant en Algérie, intimidèrent le bey en lui faisant signer un traité interdisant la piraterie. La banqueroute, inévitable, rendit le régime dépendant des financiers français pour les prêts à long terme. Ceux-ci eurent peu à peu un droit de regard sur l'économie du pays et sur son gouvernement. Lorsqu'en 1880, une tribut tunisienne traversa la frontière algérienne, les Français prirent l'initiative d'attaquer. Ils marchèrent directement sur Tunis et réprimèrent par la force les révoltes qui éclataient dans tout le pays. La convention du Bardo (1881), puis celle de la Marsa (1883), qui consacrèrent la mainmise de la France sur l'Etat tunisien obligèrent le bey à appliquer les réformes proposées et des fonctionnaires français furent placés aux postes administratifs. Autour de la médina fut construite la ville moderne de Tunis, à l'aspect et à l'ambiance totalement français. Officiellement sous "protection", la Tunisie devenait en fait une colonie et les Tunisiens, relégués au second plan, perdirent à la fois le pouvoir et la richesse. Entre les deux gurerres mondiales, et surtout après la deuxième, le niveau de vie des Tunisiens, déjà très bas, s'abaissa encore plus et la misère règna partout (sauf pour une certaine élite, fidèle à la puissance coloniale ou naturalisée française qui pouvait prétendre à un certain standing). Exacerbés par tant d'inégalité et bafoués dans leur amour propre et leur dignité, de jeunes tunisiens, intellectuels éclairés ou simples patriotes dévoués à la cause nationale, élevèrent dès le début du XXème siècle l'étendard du mouvement nationaliste. En 1954, la France, acculée à négocier, accepta d'abord d'octroyer à la Tunisie l'autonomie interne (juin 1955), puis l'indépendance (20 mars 1956). Une assemblée constituante fut immédiatement créée qui réalisa le voeu de plusieurs générations : la Constitution. Le 25 juillet 1957 le régime républicain est proclamé et Habib Bourguiba choisi comme premier président de la République Tunisienne.
|
|
Home | Météo | Album photos | Liens & téleph | Guides | Contactez nous | Esp. agence | Esp. indiv. | E-mail | Help |